Le
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sang des autres | L'hiver | Nos
peurs
Le touriste (David Lebel)
Oh oui, mais
toi t’es qu’un
touriste
Tu connais rien et tu es sinistre
Tu te fous bien de mon histoire
Tu vois, tu jettes dans ta mémoire
Pour certains,
t’es comme
une manne
Pourrait-on dire tombé du ciel
Pour moi tu salis, tu profanes
Tu viens voler tout notre miel
Sans perspective
en général
Tu embrasses tout sans rien étreindre
En surface et dans le banal
Jamais rien ne sait t’atteindre
Que l’on t’irradie de beauté
Ou que l’on te gave de sacré
Tu ne seras jamais, jamais excédé
Mais toi tu
n’es que le
touriste
Tu regardes mal et tu t’éclipses
Tu t’es encore perdu
Regarde donc un peu cette ville
Parfois ça serait pas un peu toi
Dans ton regard si peu fébrile
On sent cette fois monter l’effroi
Ta vie comme une carte postale
Ne t’amène plus aucun émoi
D’une platitude des plus fatales
T’es confiné au calme plat
Le
sang des autres (David Lebel)
Comment avez-vous
su préserver
cette candeur
Qui sait si bien détruire
et si mal me nourrir
Comment avez-vous su contrefaire cette grandeur
Qui ne sait que tromper ou encore mieux masquer
Est-ce à l'ombre de la
souffrance que je dois m'élever
?
Comment avez-vous su m'immoler
de stupeur
Voler mes convictions me remplir d'affliction
On ne peut
s'opposer à la
vertu, vous pouvez nous croire
Nous allons triompher, nous sommes
têtus vêtus de pourpre
ou de noir
Et encore une fois
Nous répandrons le sang des autres
Au nom d'une foi, que nous avons faite nôtre
Sans toutefois savoir pourquoi
Et encore une fois, nous abuserons
Comment espériez-vous
me convaincre de manger
De ce pain si rance que l'on nomme
espérance
Tous vos bons encens ont l'odeur de la poudre
Et toutes ces bonnes gens ne craignent que vos foudres.
On ne peut
s'opposer à la
vertu, vous pouvez nous croire
Nous allons triompher, nous sommes
têtus vêtus de pourpre
ou de noir
Tous soubresauts
d'espoir je les ai rangés
Tous soubresauts d'espoir je les
ai rangés
Dans vos écrins de douleurs
L’hiver
(David Lebel)
Vraiment bien peu de chose
M’embaume de lumière
Si ce n’est qu’un matin d’hiver
Que le soleil compose
Alors m’éblouit
Ce souverain sans nation
Arborant plus de mille noms
Il m’abreuve d’infini
Devant cette vision de givre
J’en oublie presque la bise
Ce territoire
immaculé
Sait m’obliger à être entier
Et dans son cœur tout enneigé
Je résiste à toute vanité
C’est plongé dans
ce froid
Que l’on comprend vraiment
Qu’ici le givre fait loi
Et qu’il n’en sera
pas autrement
On peut nier notre nature
Mais le vent connaît
Notre juste mesure
Tout ce que l’on est
Devant l’étendue
de son emprise
Notre grandeur est quelque peu compromise
Mieux qu’une
ivresse soudaine
L’hiver est délivrance
Toute résistance est vaine
À cette glaciale transe
Nos
peurs (David Lebel)
Si je le pouvais,
J’éradiquerais
Toute l’inquiétude qui ronge ces mères
Qui en deviennent parfois meurtrières
Mais on ne peut disposer
Si facilement
De toute cette douleur
Qui réclame parfois tant d’horreur
Ne nous laissons pas réduire à nos
peurs
Ne nous laissons pas réduire à cette noirceur
Mais il serait trop facile
De juger de chercher asile
Dans cette atrophie du cœur
Et répandre tant de malheur
Toutes nos aspirations
Seront dissoutes dans ces intentions
Qui ne feront que nous enfermer
Dans une vaine sécurité
Dans une vaine sécurité
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